Atoms for Peace
Source: whathaveyoudonetomyface
La caravelle en déroute au petit matin
Ouvrière abimée, j’en peux compter les maux
Sachez que l’aiguille qui transperce la peau
Est commune à celle qui tisse le satin
Ils oeuvrent sans souci, tous ces corps affairés
Bâtissant une épave du mieux qu’ils le peuvent
Tous seront enlisés, sombreront dans le fleuve
Travail d’arrache-pied fait des coeurs oubliés
Il arrive au génie de tomber sous l’emprise
D’une petite fée, éperdue sans son glaive
Elle lui fera la guerre en toute franchise
Pris à son propre jeu, il mourra de la trève
Lorsque l’on succombe à une amante du doute
Nul ne doit s’affoler comme le fait le lièvre
Car bientôt de sa chair on cassera la croute
Comme elles sont infâmes, les lettres parfumées
Quand leur sordide auteur nous a rendu bien mièvre
Le corps est consommé, la tête est consumée
Les écoliers luttent contre un Morphée livide
Maîtresse et tableaux noirs sont écrans de fumée
Rien en ce blanc cachot ne pare le putride
- Qu’adviendra-t-il de nous, quand s’abattront nuées
De l’Absurde assassin, puis des douleurs du vide?
Qu’il est divin l’espoir dans sa putréfaction
Tous sont immunisés, croirait-on, de la peste
Mais le sort aveugle ne fait de distinction
Soit justicier abject, soit voyou indigeste
Les bubons n’ont que faire des réputations
Quand vos précieux abcès vous rendront votre grâce
La ruelle, ce havre, vous sera amnistie
Devant la carcasse, les bons marmots, eux, passent
Leur brève existence les laissant affranchis
Partagez la peine sans qu’on s’en embarrasse
La vie en ce monde reste un geste coupable
Rêvez d’absolution et profitez des chaînes.
Propageant tous les maux en virus charitable
L’humanité détruit, ralentir est l’Obscène
Pouvoir m’être bourreau rend le tout supportable
C’est sans surprise qu’a été annoncé cette semaine le départ d’une campagne électorale qui nous mènera aux urnes le 4 septembre prochain. Jean Charest et ses collaborateurs ont multiplié les annonces, saupoudrant quelques millions ici et là, toujours un préliminaire à la dissolution de l’Assemblée Nationale. Ainsi, les Libéraux briguent un quatrième mandat consécutif, eux qui doivent maintenant défendre un lourd bilan qui se clôt par une crise sociale d’une ampleur peu commune (dont on vivra sans doute de nouveaux épisodes lors de la rentrée forcée des collèges et universités).
Ainsi débute le branle-bas de combat ; le premier ministre reprochant à la cheffe du Parti Québécois son lien avec ce qu’il appelle «la rue», voulant faire ressurgir dans l’électorat la peur d’un référendum. Il s’attaque aussi à la Coalition Avenir Québec, professant que François Legault soit lui aussi souverainiste, lui qui promet pourtant de laisser la question nationale et les querelles constitutionnelles de côté s’il est élu. On ne peut pas prendre à la légère Jean Charest et ses stratèges qui jouent la carte de la division à merveille.
Pourtant, il y a une autre division qui pourrait hanter Pauline Marois et elle s’opère au sein des forces indépendantistes. Désormais, il y a deux autres partis souverainistes représentés à Québec, soit Québec Solidaire et Option Nationale, le nouveau parti fondé par Jean-Martin Aussant, une des pertes péquistes de l’été 2011. Si Québec Solidaire se veut une alternative visiblement à gauche du Parti Québécois par sa vision sociale et écologiste, Option Nationale se trouve à être une critique directe de la stratégie péquiste. Il lui reproche la «gouvernance souverainiste» du PQ qui mise sur le renforcement de l’État québécois plutôt que sur la tenue d’un référendum lors du premier mandat, quoi qu’en pense M. Charest. Aussant saura séduire les électeurs qui ont perdu confiance en le grand parti des Lévesque et Parizeau ainsi qu’en l’alternance.
Le conflit se trouve là. Chez les militants péquistes, on reproche aux deux tiers partis de favoriser la réélection du Parti Libéral. Pour eux, la priorité est de déloger les libéraux, les gens pourront voter pour Québec Solidaire ou Option Nationale à la prochaine élection. Hélas, les choses ne sont pas si simples. Le Parti Québécois aurait pu être le grand rassembleur des souverainistes cet été, mais il lui manque un élément récemment retiré de leur programme, la proposition d’un mode de scrutin proportionnel. QS et ON la propose, cette réforme qui pourrait mettre fin à ce bipartisme qui force plusieurs à renier leurs convictions et à voter stratégiquement. Si le Parti Québécois l’avait offert, ce vote stratégique pour ne plus avoir à voter stratégiquement, il aurait pu s’attirer de nombreuses voix à gauche sans avoir à se lier aux tiers partis, ce que certains proposaient.
Désormais, il nous reste à voir si le PQ saura reconquérir ses ouailles où s’il souffrira de la division qui pourrait troubler la fête dans quelques comtés. À noter que Québec Solidaire, qui n’a pas le meilleur financement, est toutefois beaucoup mieux armé que lors de la campagne de 2008, lui qui surprend déjà avec son affichage électoral esthétique qui sort du lot. À surveiller.
À tous, bonne campagne!
(Soumis au courrier des lecteurs de La Voix de l’Est)
Tout le temps que vous n’avez pas perdu auparavant n’a pas empêché Paul Desmarais de déposséder le Québec dans les dernières années. Si le mouvement étudiant se limite à casser et faire chier, votre laxisme politique et votre aveuglement se limite à vous vendre et à cracher au visage des générations futures. On va cesser les généralisations. Étonnant qu’on se plaigne plus de la lutte étudiante que du fait que le gouvernement libéral ait donné à 10c/l’hectare des territoires à ses copains financiers pour la prospection des gaz de schiste, qui se vendent de 100 à 1000$ l’hectare en Colombie-Britannique. C’est pas en restant assis et en critiquant qu’on va “arranger le gouvernement”. Laissez-vous faire peur avec la dette. Entrez dans la logique de ceux qui oeuvrent depuis longtemps à faire privatiser Hydro-Québec.
Si le Québec est en si mauvaise posture financière, c’est qu’on a laissé notre classe politique dilapider nos ressources collectives, notre bien commun. C’est parce que vous ne vous êtes pas posé la question: à qui profite réellement l’exploitation de nos ressources minières? Obtient-on une part raisonnable des profits de ces activités commerciales? On a préféré écouter ce que Quebecor et les médias de Power Corporation ont voulu nous dire sur le sujet. À éviter des débats de société, on s’enlise dans la complaisance, le confort.
Vos enfants se lèvent pour l’accessibilité aux études, à vous de choisir si vous préférez les critiquer pour la minime proportion de casseurs qui se sont greffés à eux ou vous questionner collectivement sur les sources du problème auquel nous faisons face, sur les possibilités que nous avons pour changer le système (vous n’entendrez pas parler de réforme démocratique dans les médias, l’Empire Desmarais est trop confortable dans les failles de notre démocratie). À vous de vous demander qui le premier ministre défend en déplaçant le débat vers la violence, pour qui le Plan Nord est-il conçu, le désordre social légitimise-t-il les décisions passées du gouvernement, ne devrait-on pas avoir un projet de société autre que la croissance économique…
Pensez à vous, pensez à nous, mais pitié, PENSEZ! Les étudiants sont dans la rue et le resteront. Il n’y a aucune gloire à vous positionner pour ou contre eux, nous avons tous le même combat pour un Québec meilleur et il ne sera pas gagné tant que nous n’irons pas au fond des questions, tant que nous n’éviterons pas les raccourcis intellectuels.
Patrick Watson - Adventures In Your Own Backyard (session à SXSW)
L’album Adventures In Your Own Backyard sort le 17 avril.
J’ai pas l’habitude de classer les gens en catégories, mais je vais me permettre une analogie. Dans notre entourage, il y a des phares et des ancres. Le phare est passager, un guide qui nous aide à poursuivre notre chemin, à évoluer en tant que personne. Ce phare, on peut s’y arrêter, mais on finit toujours par s’en éloigner, grandi (ce qui n’exclut pas un retour). L’ancre, quant à elle, nous fait faire du sur-place. Pas que ça soit une mauvaise chose, l’ancre permet une stabilité et un support. Toutefois, l’ancre est lourd et il devient de plus en plus dur de s’en détacher. Parfois, elle finit par nous posséder et nous empêche d’avancer, elle est un frein à notre développement. Il faut, en tant que personne, tenter d’être un phare pour les autres plutôt que de s’y accrocher. C’est une question de confiance en soi. Si c’est ardu de laisser les gens autour de nous explorer et découvrir d’autres horizons, c’est souvent par manque de confiance. En doutant trop de son potentiel de guide, on finit par être un poids pour les autres et pour nous-mêmes, une ancre malgré nous.
Vous dont la soumission n’a d’égale que l’ignorance
Faites regretter à Champlain la douce France
Vous qui crachez sur la mémoire de vos grands-parents
Mais souhaitez souvenirs à l’heure du testament
Vous qui préférez ignorez nos champs de batailles
Des Plaines à St-Eustache jusqu’aux rues de Montréal
Vous qui oubliez aussi vite qu’une partie de hockey
Rongez tels des vermisseaux le leg de notre fusée
Vous qui sacrifiez nos libertés pour du confort
Les perdrez tous deux en plus du nord
Vous qui n’avez que faire de votre nation et de ses sacrifices
M’êtes plus grenouilles que fleurs de lys
Vous qui êtes aveuglés par le présent et errez sans repères
Oubliez que dans le passé reposent les pierres
Qui sont les piliers d’une Abitation
Bien plus valeureuse que nous nous voudrions
“Pour moi, tout parti politique n’est au fond qu’un mal nécessaire, un de ces instruments dont une société démocratique a besoin lorsque vient le moment de déléguer à des élus la responsabilité de ses intérêts collectifs. Mais les partis appelés à durer vieillissent généralement assez mal. Ils ont tendance à se transformer en églises laïques, hors desquelles point de salut, et peuvent se montrer franchement insupportables. À la longue, les idées se sclérosent, et c’est l’opportunisme politicien qui les remplace. Tout parti naissant devrait à mon avis inscrire dans ses statuts une clause prévoyant qu’il disparaîtra au bout d’un certain temps. Une génération ? Guère davantage, ou sinon, peu importe les chirurgies plastiques qui prétendent lui refaire une beauté, ce ne sera plus un jour qu’une vieillerie encombrant le paysage politique et empêchant l’avenir de percer.”
–René Lévesque